POURQUOI
LES TRAVAILLEURS
DU BOIS ?

Photographie documentaire d'un ruban métallique ondulé sur lequel le mot Newfoundland (Terre-Neuve) est embossé et au-dessus duquel se trouve une tête de caribou.

Épingle avec caribou de l’uniforme du Newfoundland Regiment et de la Newfoundland Forestry Companies.
Avec l’aimable autorisation des archives et des collections spéciales, bibliothèques de l’Université Memorial, 23.03.012

Au cours des deux guerres mondiales, l’enrôlement des hommes du Royaume-Uni dans les forces armées entraîna une pénurie de main-d’œuvre dans les industries au sein desquelles ils évoluaient. Ce fut certainement le cas pour la sylviculture, même si le bois était un produit essentiel en temps de guerre.

De l’autre côté de l’Atlantique, à Terre-Neuve (qui à ce point était son propre dominion, mais pas encore une province du Canada), il existait de forts liens historiques avec le Royaume-Uni. Il ne fut donc pas surprenant que de nombreux hommes de cette province soient désireux de s’enrôler pour appuyer la cause, de quelque manière que ce soit.

Parmi les centaines de Terre-Neuviens et de Labradoriens qui ont répondu à l’appel pour servir la « mère patrie », il y avait un groupe d’hommes qui ont quitté leur foyer non pas pour se rendre sur le champ de bataille, mais pour travailler comme bûcherons dans une industrie cruciale. Ils appartenaient à deux unités distinctes : une unité militaire, la Newfoundland Forestry Companies (NFC) pendant la Première Guerre mondiale, et la Newfoundland Forestry Unit, une unité civile, mieux connue sous le nom de Newfoundland Overseas Forestry Unit (NOFU) pendant la Seconde Guerre mondiale.

Ces hommes ont vécu des expériences et noué des liens à l’étranger qui ont changé le reste de leur vie. Des centaines d’entre eux ont épousé des femmes du Royaume-Uni et sont revenus au pays avec leur nouvelle épouse. Des vies ont été changées, à petite et à grande échelle, et tous ces événements et ces changements se reflètent dans les chansons et les histoires de ces hommes. Il s’agit de cet héritage culturel méconnu que notre site Web célèbre.

Sur ce site, les expériences des travailleurs du bois de la NFC et de la NOFU sont regroupées dans deux portails consacrés à la guerre. Explorez-les sous la perspective de ces six thèmes.

Regarder et écouter

BON VOYAGE À NOS FORESTIERS

Résumé : Cette vidéo présente une séquence de photographies historiques qui illustrent les points du récit. On y voit des collines boisées entourant un loch, un homme maniant une scie à métaux et des hommes empilant des bûches, des hommes traversant un paysage bombardé sur un sentier en bois, un convoi de navires dans le port de St. John’s, un village côtier de Terre-Neuve, ainsi que des images de gares ferroviaires, de navires côtiers, de trains à vapeur et de voyageurs.

Le bois est devenu une arme de guerre et la demande pressante qui y est associée modifie de plus en plus nos vies. Les hommes de Terre-Neuve étant parmi les meilleurs lorsqu’il s’agit de couper et d’usiner le bois, des centaines d’entre eux se dirigent vers l’Écosse pour transmettre leur savoir-faire et appuyer la mère patrie en ces temps difficiles.

Le bois qu’ils produiront aidera les Alliés à remporter ce long conflit. Leurs étais permettront aux mines de charbon de rester ouvertes et leurs poteaux maintiendront les tranchées en place. Leurs caillebotis donneront à tous nos soldats un chemin stable sur les terrains dangereux.

La plupart de nos forestiers partiront de St. John’s par navire. Nous savons que les bonnes gens de notre capitale leur offriront un départ glorieux, mais ce sera le dernier d’une longue série. La plupart de nos hommes commenceront leur voyage dans un petit port isolé ou une localité de l’arrière-pays, où les familles et les amis sont en train de souhaiter à leurs proches un « bon voyage » de manière plus qu’honorable.

Aujourd’hui, l’un des trains transportant des dizaines de bûcherons vers St. John’s est passé par notre gare locale. Il a été accueilli par les acclamations de la foule qui était venue voir les hommes partir. Un joueur de cornemuse a ajouté un air écossais à l’hommage, dont les mélodies Barren Rocks of Aden, Mackenzie’s Highlanders et Highland Laddie – tous les airs que nos hommes connaîtront assez bien bientôt, sans doute. Lorsque le train s’est arrêté, un violoniste solitaire a commencé à jouer The Road to the Isles, une chanson particulièrement poignante en raison du départ des hommes.

[musique de violon]

C’était une scène très animée! La musique, les dernières poignées de main et les étreintes alors que les hommes qui attendaient montaient à bord pour se joindre aux autres qui feront leur devoir pour la patrie et l’Empire.

Trop tôt, la locomotive quitta lentement la gare, entraînant les wagons bondés devant une mer de mains et de mouchoirs qui s’agitaient. Le mécanicien souffle longuement le sifflet, laissant une impression de deuil. Ceux d’entre nous qui restaient se détournèrent du quai, sachant que ce train nous enlevait de si bons et patriotiques Terre-Neuviens, tous un chacun. Bonne chance et bon retour!

[musique de violon]

Crédits :

Production : Ursula A. Kelly et Meghan C. Forsyth
Vidéo : Diego Pani
Narrateur : Andrew Hawthorne

« The Road to the Isles » (par le cornemuseur-majeur John McLellan, MCD) interprété par Paul D. Anderson

Photographies utilisées avec l’aimable autorisation de la division des archives provinciales The Rooms, des archives et des collections spéciales, bibliothèques de l’Université Memorial, et l’Inverness, Ross and Skye Forest District

2023

Logos : Grand Falls-Windsor Heritage Society, Université Memorial et Musées numériques Canada

« Nous sommes nés dans la plus ancienne colonie de la Grande-Bretagne, alors quand l’appel pour volontaires du secteur forestier a été lancé, ce fut la raison pour laquelle nous y avons répondu. »

– Lewis Jenkins (n° 158 de la NOFU), tiré de « Newfoundland Overseas Forestry Service », East Lothian at War
LES TRAVAILLEURS DU BOIS EN TEMPS DE GUERRE

Le bois a fait l’objet d’une forte demande pendant les deux guerres mondiales. Il était nécessaire à la construction des navires, des ponts, des tranchées et des wagons, ainsi qu’à la fabrication des étais de mine, des traverses de chemin de fer, des poteaux télégraphiques et de clôture, ainsi que des défenses anti-débarquement. La guerre en mer avait toutefois gravement perturbé l’accès du Royaume-Uni aux importations, de sorte qu’il fut rapidement essentiel de trouver à la fois un approvisionnement en bois et une source de travailleurs qualifiés pour remplacer les hommes partis à la guerre.

AU REVOIR ET BON RETOUR

À l’époque des deux guerres, il était difficile de voyager à Terre-Neuve et dans le Labrador. Il y avait peu de routes, raison pour laquelle les navires étaient couramment utilisés. Les recrues et les volontaires qui se rendaient à St. John’s commençaient souvent par parcourir de longues distances sur terre, parfois en traîneau tiré par des chevaux ou des chiens, ou à pied. Ils montaient ensuite à bord de navires côtiers ou de trains pour atteindre leur port de départ. Le voyage depuis les confins du Labrador et le nord de Terre-Neuve, où les conditions météorologiques pouvaient être difficiles, était particulièrement ardu. Tous ces efforts étaient suivis d’un voyage en mer dans l’Atlantique Nord. Le long processus s’inversait une fois le travail de guerre terminé.

TRAVAIL ACHARNÉ ET DANGERS

De nombreux forestiers de Terre-Neuve et du Labrador ne s’étaient jamais aventurés hors de leur pays, mais ils le firent pour la première fois lors de leur service outre-mer. La plupart d’entre eux étaient impatients d’effectuer du bon travail et de s’adapter à de nouvelles circonstances. Ils démontrèrent rapidement leur habileté, leur rapidité et leur sens de l’innovation dans la coupe du bois, et firent découvrir à leurs hôtes de nouveaux mots liés au travail, tels que « chute », « scow » (chaland) et « go-devil » (traîneau pour le bois). Mais le travail était exigeant et certains hommes meurent, victimes d’accidents, de maladies ou des malheurs de la guerre.

IL N’Y AVAIT PAS QUE DU TRAVAIL

La vie outre-mer offrait de nombreuses expériences lorsque les longues journées de bûcheronnage étaient terminées. En dehors des heures de service dans les camps, les hommes effectuaient des tâches ménagères, se détendaient et écrivaient des lettres à leur famille. Pour s’égayer, ils interprétaient des chansons, racontaient des histoires et prenaient part à des jeux. La chasse, la pêche et les attractions des villages les plus proches faisaient office de distractions. Il y avait aussi des concerts et des thés communautaires, de la musique et bien d’autres activités encore dans les pubs, les cinémas et les salles de danse. Pour beaucoup d’hommes, ces aventures étaient nouvelles et attrayantes.

TRANSITIONS ET DÉFIS D’APRÈS-GUERRE

En raison de leurs innovations et de leur éthique de travail, les forestiers terre-neuviens ont impressionné les gens au Royaume-Uni. Malgré les succès qu’ils ont remportés à l’étranger, ces hommes ont eu de la difficulté à s’intégrer une fois revenus au pays. Les forestiers des deux guerres n’ont pas été honorés ou célébrés comme les hommes qui se sont enrôlés pour les combats militaires. Les enjeux d’après-guerre pour la parité des allocations et des pensions ont duré des années. Et le « foyer » auquel les forestiers sont retournés a également changé et continue de changer, ajoutant de nouveaux défis à ceux qui ont servi outre-mer.

MIGRATIONS, MARIAGES ET SOUVENIRS

Les relations qui se sont nouées pendant les migrations en temps de guerre ont remonté le moral des troupes et créé des liens qui perdurent encore aujourd’hui. De nombreux forestiers revinrent chez eux accompagnés d’une épouse (appelée « épouse de guerre ») et des enfants. En particulier après la Seconde Guerre mondiale, certains forestiers ne revinrent pas au pays, choisissant plutôt de rester à l’étranger. À Terre-Neuve, au Labrador et au Royaume-Uni, ces forestiers et ces épouses de guerre laissèrent des traces profondes et durables dans leurs nouvelles collectivités.

Newfoundland Forestry Companies et Newfoundland Overseas Forestry Unit : Route Transatlantique Une carte simple de la côte est de l’Amérique du Nord, de l’océan Atlantique, de l’Europe occidentale et de l’Afrique du Nord montre les ports de départ et d’arrivée des forestiers. Un navire se déplace sur la carte lorsque vous faites défiler la carte. Des lignes marquent la route transatlantique et relient deux ports occidentaux (Halifax et St. John’s) et deux ports britanniques (Gourock Docks et Liverpool).
Cette carte montre les ports d’où partaient et où débarquaient les forestiers lors de leurs voyages outre-mer au cours des deux guerres mondiales.

CAMPS NFC ET NOFU AU ROYAUME-UNI

Cliquez sur les points sur la carte ou filtrez les emplacements pour découvrir où les forestiers de Terre-Neuve-et-Labrador étaient basés pendant leur séjour outre-mer. Notez que tous les emplacements indiqués sont approximatifs.

NOTE SUR L’ACCESSIBILITÉ : Les lecteurs d’écran ne pourront pas accéder à la carte. Pour accéder au contenu, utilisez le lien ci-dessous.

✼ Listes des camps et villes du Royaume-Uni indiqués sur la carte

Carte du Dominion de Terre-Neuve-et-Labrador.

THE ALL-‘ROUND NEWFOUNDLANDER
(le Terre-Neuvien polyvalent)

As a logger, he’s a princeling; he can drive a stream as well
And, often, when he blasts the jam, he takes a chance on hell
He’s a devil in white water when the logs go racing by
And he revels in the danger for he’s not afraid to die.
To build a house from sill to roof, he needs no college pass
He’s a handy man with axe and saw; there’s no one in his class
He saws his lumber, cuts his stone, and oft-times bakes his brick
Where another would be daunted, he simply works the trick.

Cet extrait du poème de P.C. Mars est paru pour la première fois dans le magazine The Veteran en 1924.

Cet extrait d’un long poème à plusieurs vers est constitué de couplets rimés et d’images vivantes pour illustrer la polyvalence d’un Terre-Neuvien, qui est un homme à tout faire. Par exemple, un Terre-Neuvien est un bûcheron expert et un conducteur de rivière audacieux, qui fait sauter sans crainte les embâcles. Il est au sommet de sa classe dans tous les aspects de la construction, dont la charpenterie et la maçonnerie, et trouve rapidement des solutions à des problèmes qui pourraient facilement échapper à d’autres.

Dépôt de couronnes de 1924 au Monument commémoratif national de guerre à St. John’s (Terre-Neuve).
Avec l’aimable autorisation de la division des archives provinciales The Room, VA 28-153

Deux statues en bronze qui ont été exposées aux intempéries. À gauche, un forestier aux manches retroussées, la hache sur l’épaule. À droite, un marin en ciré scrutant l’horizon.

Deux statues au bas du Monument commémoratif national de guerre à St. John’s : un bûcheron et un pêcheur, représentant ceux qui ont servi comme forestiers et marins marchands en temps de guerre.
Avec l’aimable autorisation de Diego Pani

Photographie documentaire d'un insigne de revers en métal de la Newfoundland Forestry Unit, en forme de cercle, avec une tête de caribou en son centre.

Insigne de l’uniforme de la Newfoundland Forestry Unit.
Avec l’aimable autorisation de Wilco van Eikeren

Photographie documentaire d'une épingle d’épaule en bronze avec le mot « Newfoundland » (Terre-Neuve) en arc et les initiales FC au-dessus.

Insigne d’épaule de l’uniforme de la Newfoundland Forestry Companies.
Avec l’aimable autorisation des archives et des collections spéciales, bibliothèques de l’Université Memorial, 04.03.007