LA PREMIÈRE
GUERRE
MONDIALE
TRAVAIL ACHARNÉ
ET DANGERS

LE LABEUR EN ÉCOSSE
La Newfoundland Forestry Companies (NFC) est d’abord envoyée sur le domaine du duc d’Atholl, à Craigvinean Hill. Le site surplombe la rivière Tay, près de Dunkeld, dans le Perthshire. L’unité est logée dans des tentes en toile jusqu’à ce que les hommes eurent construit leurs propres camps. Au début de l’année 1918, ils abattent des arbres sur 1 200 acres (486 hectares).
Le terrain étant escarpé, c’est tout un défi que de déplacer les grumes. Le Corps forestier canadien avait déjà jugé impossible l’abattage à Craigvinean, mais la NFC ne se laissa pas décourager. Sous la supervision du capitaine (plus tard major) William Baird (no 0‑192 de la NFC), la NFC construisit un canal pour faire glisser les grumes depuis la colline. D’une longueur de plus de 3 100 pi (945 m), ce canal est censé être le plus long au monde. Il devient rapidement considéré comme une merveille locale – une solution innovante et peu coûteuse au problème du transport du bois sur la grande Craigvinean, connu localement sous le nom de « colline des chèvres ».
Au milieu de l’année 1918, la NFC s’installe sur le domaine du marquis de Breadalbane à Drummond Hill, près des villes de Kenmore et Aberfeldy. Le transport du bois y est plus complexe et retarde parfois l’expédition des troncs.
L’unité termine son travail au début de 1919, plusieurs mois après l’armistice qui mit fin à la guerre. Au total, la NFC coupe 7 millions de pieds-planches de bois pour les besoins de la guerre.

REGARDER ET ÉCOUTER
LES DANGERS ET LA MORT
Le travail des forestiers est souvent dangereux. Trois hommes sont tués pendant la période où la NFC était présente en Écosse. Deux de ces décès étaient liés au travail.
Le soldat Arthur Wyatt (no 8130 de la NFC) se noya dans la rivière Tay à Kenmore. Quelque temps auparavant, le soldat Selby Taylor (no 8460 de la NFC), de Saint John’s, membre de la compagnie B, périt à Craigvinean Hill lorsqu’un tronc d’arbre se détacha du canal et le heurta. Le soldat Gerald Hogan (no 8111 de la NFC), de Northern Bay, perdit également la vie lorsqu’il fut frappé par un tronc d’arbre roulant sur la colline de Drummond.
Dans une lettre adressée à sa famille, le soldat James Power (no 8124 de la NFC) de Harbour Grace décrit les circonstances de la mort du soldat Hogan et les funérailles qui suivirent. Cette lettre fut publiée avec le titre « Comrade Killed » (camarade tué) dans l’édition du 18 août 1918 du Harbor Grace Standard.

Résumé : Cette vidéo présente une série de photographies et de documents historiques illustrant les points du récit. On y voit le Loch Tay (Écosse), une coupure de presse, des hommes de la NFC au travail en Écosse, une route bordée de camions forestiers et de bâtiments des hommes de la NFC devant un camp en bois, un membre de la NFC réparant un bâtiment au marteau, une rangée de baraquements, un cortège funèbre, des funérailles en plein air et la pierre tombale des soldats Hogan et Wyatt.
Titre : Un camarade meurt en service
Narrateur :
Un accident mortel s’est produit dans les boisés de la compagnie A le vendredi [16 août 1918] quand un arbre, ou plutôt une souche d’arbres, s’est abattu sur Gerald Hogan, un gars de Northern Bay, dans la péninsule Bay de Verde. Lui et son frère Jack [no 8113 de la NFC] étaient en train de couper un chablis, c’est-à-dire un arbre renversé par le vent, et alors qu’ils tranchaient l’arbre, la souche qui était retenue par une racine s’est brusquement retournée. Elle s’est ensuite détachée de la racine et a fait un double saut périlleux. Gerald tenta de se dégager, mais la souche fut trop rapide pour lui et s’abattit sur lui, le clouant au sol. Il fut tué sur le coup et son frère n’échappa que de justesse à la mort, car l’une des racines de la souche le frappa dans le dos. Il fallut trente-cinq hommes pour enlever la souche du pauvre Hogan.
Le corps a été ramené au camp et placé dans la cabane qui sert d’hôpital, à laquelle j’avais mis la touche finale à ce moment-là. Moi-même et l’auxiliaire médical (après que le médecin l’eut examiné) l’avons lavé et l’avons revêtu d’un nouvel uniforme, puis nous l’avons allongé. Nous avons récité le chapelet pour lui chaque soir et de nombreuses personnes sont venues à la cabane tous les soirs. Les officiers ont donné l’ordre de préparer le thé pour eux à minuit chaque soir. Nous avons dit le chapelet ce matin et le prêtre est venu de Grandtully ce soir pour les funérailles militaires. Les compagnies A, B et C ont défilé et le cercueil, qui était splendide, a été couvert de drapeaux et placé sur un camion à quatre roues, puis transporté au cimetière à environ un kilomètre de là, accompagné d’un groupe de tir et du bataillon au complet, précédé par deux joueurs de cornemuse.
Bien que [Kenmore] ne soit qu’une petite localité, les gens sont venus de plusieurs kilomètres à la ronde, jusqu’à ce que le cimetière soit plein.
En plus du frère qui est ici, Hogan a un autre frère qui est prisonnier de guerre et un frère qui vit à Northern Bay.
C’est le deuxième décès chez les forestiers depuis leur arrivée en Écosse.
[La trompette joue « The Last Post »]
Crédits :
Production : Ursula A. Kelly et Meghan C. Forsyth
« Comrade Killed in Service » (un camarade meurt en service) par le soldat James A. Power [no 8124 de la NFC], publié dans le Harbour Grace Standard, le 20 septembre 1918
Narrateur : Darrel Brenton
Photographies utilisées avec l’aimable autorisation de Michael Pretty (Trail of the Caribou), Pat Angel, de la division des archives provinciales The Rooms, et des Archives and Special Collections (Memorial University Libraries).
« The Last Post » est une copie d’une œuvre officielle publiée par le ministère de la Défense nationale et les Forces armées canadiennes. Son utilisation est conforme aux exigences de reproduction non commerciale. Cette reproduction n’a pas été produite en association avec le ministère de la Défense nationale et les Forces armées canadiennes, ni avec leur aval.
2024
Logos : Grand Falls-Windsor Heritage Society, Université Memorial et Musées numériques Canada
L’ABATTAGE DES ARBRES SUR LE DOMAINE D’ATHOLL
Il y a un siècle, John, duc d’Atholl, décida de planter des millions d’épicéas et de mélèzes sur les flancs désolés des montagnes. . . . Il planta 27 431 600 arbres sur 15 573 acres, la plupart constitués de flancs de montagne arides. De nombreux autres propriétaires de terres du nord suivirent son exemple. . . . [A]ujourd’hui, sa prévoyance porte fruit. Les grandes forêts d’Écosse, surtout utilisées au cours des deux dernières générations comme réserves de chasse, deviennent soudainement un atout impérial extrêmement précieux. Le bois doit être fourni en grandes quantités pour une centaine d’objectifs de guerre. L’Écosse fournit plus que sa part d’efforts. Des hommes des quatre coins de l’Empire sont aujourd’hui dans le nord, défrichant les collines, et abattant et expédiant leurs arbres géants […]
Un camp de Terre-Neuviens se trouve sur le domaine d’Atholl. Il y a quelques jours, après avoir reçu un groupe de forestiers, la duchesse d’Atholl a avoué que si elle était heureuse de voir ces hommes et espérait en voir d’autres, son cœur était lourd de la disparition de ses bois bien-aimés. On peut comprendre son chagrin. Ici, sur le Craigvinean, le Craig des chèvres, comme on l’appelle à juste titre, à 800 pi (243 m) au-dessus du niveau de la mer, on contemple ce qui fut l’un des plus beaux paysages boisés d’Écosse. Dans les environs immédiats, on retrouve une succession de géants tombés au champ d’honneur, de grands et nobles arbres.
Un peu plus bas, il est possible d’apercevoir un camp de bûcherons. Le long de la crête centrale abrupte de la colline, un chemin de fer de montagne temporaire fut construit à la vitesse de l’éclair pour transporter les grumes jusqu’à l’endroit où tombe verticalement le grand canal de 1 400 pi (426 m) de longueur, au moyen duquel les milliers de gros troncs abattus – qui pèsent souvent plus d’une demi-tonne – se dirigent avec fracas vers la scierie contrebas. Cette scierie fut achevée dans un temps record et l’ensemble de l’endroit a un air de résolution.
Les baraques en bois brut des hommes et les machines simples et efficaces ne semblent pas appartenir à une vieille civilisation comme la nôtre. Érigées ici, elles évoquent Terre-Neuve. En réalité, Terre-Neuve s’est reproduite au cœur du Perthshire.
« Ces hommes travaillent comme s’ils luttaient contre le temps, » dit un vieux facteur écossais, avec peu de ressentiment, lorsqu’il vit les Terre-Neuviens se mettre au travail. « C’est ce que nous faisons », lui répondit-on sans hésiter. « C’est pour cela que nous sommes ici en temps de guerre. »
Au début, les Écossais avaient tendance à se méfier des méthodes non conventionnelles des nouveaux arrivants, et divers grands défis en découlèrent. L’abattage des arbres est une affaire solennelle et devrait se dérouler de façon cérémonieuse. Il devrait surtout être effectué avec tact et soin, conformément aux traditions du domaine et aux pratiques britanniques. Mais voici que des hommes le font en bloc, sans rien laisser derrière eux.
Il fallait trouver un moyen de transporter les grands arbres depuis deux niveaux élevés, soit 1 800 pi (549 m) en tout. Des hommes expérimentés de la région conseillèrent un chemin de fer de montagne comportant un tambour d’enroulement et de câbles d’acier, etc., dont la construction aurait pris beaucoup de temps et dont le coût aurait probablement atteint les quatre chiffres. Les Terre-Neuviens installèrent un simple canal, constitué d’une triple ligne de troncs d’arbres formant une sorte d’auge. Le coût total de cette construction, outre le bois coupé sur place, s’élève à quelques dizaines de livres. C’est par cette simple structure, construite en quelques jours par les hommes eux-mêmes, avec une courbe inclinée à la base pour amener facilement les énormes troncs à leur place, que les grands arbres se rendent désormais à bon port. Ils s’arrêtent dans le « bassin des grumes », qui a été construit en endiguant le petit ruisseau qui jouxte la scierie dans la pré au pied de la colline, et de là sont hissés par les monte-grumes dans la scierie […]
À l’heure actuelle, environ 300 hommes sont au travail, et l’on espère qu’ils seront bientôt plus nombreux grâce à de nouveaux recrutements […] Un vétéran de plus de 60 ans, homme d’entretien général, se targue d’avoir 40 ans d’expérience dans les scieries. Un autre a passé près de 50 ans dans l’exploitation forestière. Il y a ici des garçons d’une quinzaine d’années, trop jeunes pour aller se battre en France, mais déterminés à faire ce qu’ils peuvent pour aider à remporter la guerre.
Le dimanche après-midi, on voit les hommes de la NFC fraterniser avec les gens de la campagne dans tous les villages environnants, et ils ont l’air de bons soldats intelligents. Et lorsque leur bataillon marche sur Dunkeld, il est difficile de croire que ces mêmes rangs bien serrés sont constitués d’hommes qui ont offert de servir là où ils sont les plus libres au monde – les boisés. Ils ont reçu un accueil chaleureux de la part de tous, du duc à l’homme de tous les jours…
Pendant que les Terre-Neuviens abattent de grandes étendues de la plus belle campagne, un grand nombre d’Écossaises travaillent à replanter de nouveaux districts, car les propriétaires écossais se rendent compte que, dans les conditions qui prévaudront probablement dans le monde pendant un certain temps, leurs forêts constitueront une grande source de richesse nationale.
(traduit de l’anglais ; réimprimé du journal The London Times)
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Transcription traduite de l’anglais :
Télégramme de sir Joseph Outerbridge, reçu le 20 octobre 1917
Au gouverneur de St. John’s :
Avoir visité Forestiers ; J’ai visité les forestiers et je fus charmé du travail déjà accompli sous d’excellents arrangements par le major Sullivan et d’autres officiers. Les hommes semblent très à l’aise et satisfaits. Beau pays et climat très similaire à celui de Terre-Neuve. Des ouvriers de scierie et des bûcherons plus qualifiés sont nécessaires de toute urgence.
Outerbridge
UNE LETTRE À LA MAISON
Edward Humby (no 8084 de la NFC) de St. Leonard’s (aujourd’hui, St. Lunaire‑Griquet) s’est enrôlé dans la NFC le 30 avril 1917. Plus tard, en automne, il a écrit cette lettre de Dunkeld à son cousin, décrivant ses expériences avec la NFC.

UNE LETTRE D’UN FORESTIER
Le 25 novembre 1917
Dunkeld, Perthshire, Écosse
Cher cousin,
J’écris ces mots au YMCA, sur le terrain de la compagnie B, justement dans les mêmes champs où se trouve notre scierie, où nous traitons quelque chose comme 30 000 pieds par jour, mais c’est tout du bois lourd comme des 5 [par] 2 et plus grand encore. Nous faisons du bon travail : nous aurons très bientôt deux scieries en marche et c’est là que se fera le travail…
Nous travaillons tout près de nos cabanes; il y a moins d’un quart de mile jusqu’à la plus éloignée, juste sur le flanc d’une colline, et comme la colline est un mauvais endroit pour tirer du bois avec des chevaux, nous avons construit une [goulotte] qui le transporte directement du chemin de fer au moulin, une [goulotte] de près d’un demi-mile de long mais ça fonctionne vraiment.
Nous avons du beau temps et nous avons donc perdu très peu de temps, et je vais plutôt bien. Mais, bien sûr, pour s’amuser, il faut quitter Dunkeld. C’est facile d’obtenir un laissez-passer, surtout le samedi. Quelques-uns de nos gars pensent que c’est un très mauvais endroit, mais j’ai souvent connu pire.
Vous pensez peut-être m’envoyer quelque chose pour Noël; alors, envoyez-moi du bon tabac de Terre-Neuve, et tenez-moi au courant des dernières nouvelles… si vous restez chez nous l’hiver ou non, et comment tout se passe chez nous. Je vais quelque part à Noël, mais je ne peux pas encore vous dire où. Comme il n’y a rien d’autre d’intéressant pour vous, je termine ma lettre. [Rappelez-] moi à tous mes amis.
De votre cousin,
Le soldat E. Humby
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LE GOUVERNEUR DAVIDSON REND VISITE À LA NFC
Le gouverneur de Terre-Neuve, sir Walter E. Davidson, visita la NFC à Craigvinean à la fin de 1917. Le récit de son impression de l’unité fut réimprimé dans The Evening Herald.
SIR W.E. DAVIDSON INSPECTE LE RÉGIMENT ET LES FORESTIERS
le 15 janvier 1918
The Evening Herald (traduite de l’anglais et abrégée)
Le vendredi 14 décembre 1917, j’ai eu l’occasion d’inspecter la NFC en compagnie du très honorable sir Edward Morris [premier ministre de Terre-Neuve], de M. Ball, le contrôleur du bois au Royaume-Uni, de M. Sinclair, qui a présenté les intérêts écossais sous la tutelle du contrôleur, de M. Mayson Beeton, qui dirige les opérations de nos forestiers, et du major Timewell […]
Nous avons été accueillis à Dunkeld par le major Sullivan, commandant, et nous avons eu le plaisir de rencontrer les autres officiers et l’ensemble de l’unité au travail à Craigvinean […] La NFC est établie dans deux emplacements, le camp le plus élevé étant occupé par le contingent d’abattage d’arbres et le plus bas, par ceux qui sont employés aux opérations de sciage. J’ai visité tous leurs logements et je les ai trouvés propres, confortables et adéquats. La cuisine est bien faite et les rations sont bonnes et suffisantes pour répondre aux besoins d’hommes qui travaillent dur.
Les forestiers font non seulement un excellent travail, mais ils sont aussi à l’aise et heureux dans leur environnement. Les gens de la campagne, peu importe qui ils sont, accueillent les Terre-Neuviens et les traitent avec une hospitalité écossaise à l’ancienne. Tous les manoirs et châteaux célèbres de Tayside sont ouverts aux officiers, et un hôpital fut mis sur pied dans le château de Dalguise, grâce à la gentillesse et à la générosité de Mme Tempest, la propriétaire de ce lieu historique, pour traiter tous ceux atteints d’une maladie. Nous avons eu le plaisir d’être les invités de Mme Tempest lors du déjeuner organisé à l’occasion de notre visite.
Les Terre-Neuviens ont introduit au cours de ces opérations d’abattage un certain nombre d’améliorations auparavant inconnues en Écosse et considérées comme des nouveautés bienvenues, et le rendement (d’après ce que M. Sinclair) est plusieurs fois supérieur à ce qu’il aurait été dans des conditions normales, si le travail avait été confié aux bûcherons locaux (la différence entre 1 000 et 6 000 pi).

Le système de scieries présente des particularités remarquables : le long canal mesurant 3 600 pi (1 097 m), au moyen duquel on achemine les grumes du haut de la colline au bassin qui a été endigué pour les recevoir le long des scieries; l’artère d’alimentation du chemin de fer le long de la colline qui transporte les grumes jusqu’au canal; et les scieries au camp, en bas de la colline, qui sont dotées de dispositifs ingénieux caractéristiques des bûcherons de Terre-Neuve, et en particulier de ceux qui ont eu l’expérience des méthodes de l’A.N.D. Company.
Sir Edward Morris et moi-même avons inspecté les hommes et nous avons brièvement discuté avec eux. Ils étaient de bonne humeur et ont affiché une intelligence extraordinaire lors de l’inspection du défilé. J’ai également eu le plaisir de remettre, au nom de la NFC, un cadeau au capitaine et à Mme Ross à l’occasion de leur mariage, souscrit par les officiers, sous-officiers et hommes du NFC. On a ainsi pu constater que tous les militaires travaillent bien ensemble, qu’ils sont fiers de leur travail et qu’ils maintiennent la bonne réputation du Royal Newfoundland Regiment.
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LES FORESTIERS ET LES BÛCHERONNES
Le Women’s Forestry Service (WFS) fut créé au Royaume-Uni en 1917 en tant qu’unité de la Women’s Land Army. Il s’agit d’un autre groupe qui peut se charger de la production de bois dans les régions rurales d’Écosse. Outre la coupe et l’abattage d’arbres, la WFS et d’autres membres de la Land Army ont également planté des semis pour le reboisement.
Affectueusement connus sous le nom de « lumberjills » (bûcheronnes), les membres du WFS ont grandement contribué à l’effort de guerre britannique. Le duc d’Atholl parraina un groupe du WFS pour travailler sur son domaine aux côtés de la NFC.


UNE ODE ÉCOSSAISE À TERRE-NEUVE
John MacDonald, chef de gare à Dalguise (près de Dunkeld) et luthier, est également poète. Il imprima certaines de ses œuvres sous forme de cartes postales et les vendit afin de récolter des fonds pour la Croix-Rouge. Dans l’une d’entre elles, An Ode to Newfoundland, il prend la voix d’un soldat de la NFC qui pense à son pays.
« AN ODE TO NEWFOUNDLAND » (une ode à Terre-Neuve)
Par John MacDonald
Ce poème est raconté du point de vue d’un soldat de la Newfoundland Forestry Companies stationné à Craigvinean, près de Dunkeld, et exprime son amour et sa nostalgie de la patrie. Même s’il a cherché « des trésors comme les tiens », il n’en a trouvé aucun qui soit comparable « même s’ils sont majestueux ». Le forestier s’acharne sur les arbres avec « des tourne-billes, des bobsleighs et une hache tranchante » comme le fait le « démolisseur d’Europe avec ses méthodes sinistres fatales. » Il se languit de la fin de la guerre et de son retour à Terre-Neuve « où les drapeaux flotteront et les cloches sonneront avec joie/tandis que les parents accueilleront leurs fils et chaque amoureuse, son bien-aimé ».
Sweet homeland of liberty over the sea,
How sacred and dear are thy precincts to me;
Thy forests of pine and thy prairies of snow,
Are clear to my vision wherever I go.
I’ve searched o’er the city, the town, and the plain
For treasures like thine, but my quest was in vain;
No scene can I find, though majestic they be,
Compared with grandeur, “Newfoundland,” to me.
Afar from the haunts of my youth though I roam
Yet still my heart’s true to the dear ones and home,
Which kindle new hopes for to work with a will
The Wrecker of Europe’s grim methods to kill.
The peavie, the bob-slide, and keen cutting axe
Keep merrily swinging and each muscle tax,
And stand by the Motherland against the dire foe
Whose rule of “grim piracy” we must o’erthrow.
I long for a cruise in my tiny canoe
And paddle o’er Exploits and Humber anew;
Red Indian Lake waters again for to ply
In search of the silvery salmon so shy.
The buzz of the saw in my ears daily chime
As I think of my loved ones and long for the time
To sling on the rifle and track o’er the snow
And furnish the larder with sweet Caribou.
When war’s blast is over we’ll sail for our homes
To Harbour Grace, Grand Bank, Burin, and St. John’s,
Where flags shall be floating, and bells ring with joy
As parents greet sons and each sweetheart her boy.

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LES CIGARETTES ET LA MORUE SALÉE
Tout au long de leur séjour en Écosse, les forestiers de la NFC souhaitaient retrouver les saveurs de leur pays. Les produits du tabac Mayo, leur marque préférée, n’étaient pas vendus au Royaume-Uni et les substituts qu’ils pouvaient obtenir ne correspondaient pas tout à fait à ce qu’ils recherchaient. Des livraisons régulières de tabac coupé furent donc envoyées aux hommes de Terre-Neuve à l’étranger. À la fin de l’automne 1918, l’un des envois destinés à la NFC pesait un millier de livres, dont la moitié était constituée de la marque Mayo bien-aimée.
Le poisson salé était également approvisionné régulièrement. Des notes de remerciement aux marchands qui le fournissent furent régulièrement publiées dans les journaux du dominion.

« Lors de son passage en Angleterre la semaine dernière, le major Sullivan s’est rendu à Liverpool où, avec d’autres, il fut reçu par lord Mayor. Pendant son séjour à Liverpool, il obtint de M. Henry Bowring la promesse de 25 quintaux de morue séchée pour nos hommes. M. S. Job promit également de fournir de 25 quintaux. Comme vous pouvez le constater, nous avons de bonnes chances de garder notre garde-manger assez bien approvisionné avec le produit de base de Terre-Neuve. »

Transcription traduite de l’anglais :
DES POISSONS POUR LES FORESTIERS
Le ministre de la Milice
St. John’s, Terre-Neuve
Message destiné au rédacteur en chef de l’Evening Telegram
Monsieur,
Le major Sullivan, commandant de la NFC, m’a demandé de vous faire part, dans les colonnes de votre journal, des très beaux dons de poissons qu’il a reçus pour les hommes de la NFC en Écosse, de la part des entreprises suivantes :
G. M. Barr – 10 quintaux
J. C. Crosbie – 10 quintaux
W. S. Monroe – 10 quintaux
Harvey & Co. – 10 quintaux
Job Bros – 10 quintaux
A. H. Murray – 10 quintaux
A. E. Hickman – 10 quintaux
James Baird – 10 quintaux
Baine, Johnson & Co. – 10 quintaux
Bowring Bros., Ltd. – 10 quintaux
Joseph Sellars – 2 fûts
Le major Sullivan souligne que la difficulté d’obtenir de la nourriture de l’autre côté de l’océan, en particulier du poisson, augmente de jour en jour, et que les dons généreux cités ci-dessus contribueront matériellement à aider les hommes pendant un certain temps encore.
J’ai donc le grand plaisir d’ajouter ma reconnaissance à celle du major Sullivan pour ce nouvel exemple de la générosité des entreprises susmentionnées.
Je demeure votre serviteur obéissant,
J. R. Bennett
Le ministre de la Milice
St. John’s, à Terre-Neuve, 15 mars 1918
