LA PREMIÈRE
GUERRE
MONDIALE
IL N’Y AVAIT PAS
QUE LE TRAVAIL


GARDER LE MORAL
Les activités récréatives et de loisirs ont contribué à remonter le moral des forestiers en service outre-mer. Chaque camp disposait d’une « baraque » de divertissement où les hommes vont lire, faire ou écouter de la musique et jouer à des jeux. Des compétitions amicales, mais plutôt physiques – épreuves d’athlétisme, de tir à la corde et d’abattage d’arbres – ont également eu lieu avec les soldats du Corps forestier canadien. Les membres de la NFC sont très fiers de leur identité terre-neuvienne et ne supportent pas d’être pris pour des Canadiens. Cette fierté alimente la compétitivité lors des épreuves sportives.
Les concerts communautaires sont courants à Terre-Neuve et en Écosse. À Terre-Neuve, on s’en sert pour lever des fonds en appui à l’effort de guerre et pour remonter le moral des familles qui s’ennuyaient de leurs bien-aimés expédiés à l’outre-mer. Les « vues » étaient parfois au rendez vous de ces concerts, tout comme les conférenciers de la NFC. (Au Royaume-Uni, où les villes sont grandes, les films étaient projetés devant un public enthousiaste.)
Au Royaume-Uni, les concerts servaient à la fois de collectes de fonds patriotiques et d’occasion pour les forestiers de se divertir et d’établir des relations cordiales avec les collectivités voisines. Le peuple écossais organisa des concerts pour montrer aux soldats étrangers qu’il les respecte et les apprécie. Au programme : chansons, lectures de poèmes, récitals de piano et sketches. Les résidents et les membres de la NFC avaient assisté aux spectacles, et ils avaient joué eux-mêmes sur scène.
En plus, les forestiers pourraient visiter les jardins de thé et les pubs locaux, et passer des congés plus longs à Édimbourg et à Aberdeen. Toutes ces expériences leur ont donné le goût de la culture écossaise.

DU MUG UP AU HIGH TEA
Au Royaume-Uni, nos forestiers vivent de nombreuses expériences sociales et culturelles inédites. Le mug-up traditionnel de Terre-Neuve, par exemple, est un petit repas sans formalité composé de thé et de biscuits ou de pain, qu’on prend à la maison. Rien à voir avec le high tea servi à Loch Lomond, décrit par William Woodford (no 8211 de la NFC), cité dans The Fighting Newfoundlander (de Gerald W.L. Nicolson).
« Il y avait deux serveuses pour quatre d’entre nous et un majordome au port majestueux en toile de fond, prêt à anticiper vos moindres désirs, ainsi qu’un valet de pied se tenant rigidement au garde-à-vous près de la porte. La nourriture était délicieuse et abondante, le service, impeccable. »
REGARDER ET ÉCOUTER
UN CONCERT À DUNKELD
Daniel Hill Bruce et Jane Lamont Bruce sont propriétaires du Tea Garden à Dunkeld, où ils travaillent avec leurs filles Jean, Hope et Jesse. Ces dernières se produisent souvent lors des concerts organisés pour la NFC et, lors de l’un d’entre eux, elles récitent un poème que leur père a écrit en hommage à Terre-Neuve et à ses « fils courageux ».
Dans une lettre datant de décembre 1917, le sergent quartier-maître régimentaire John A. Barrett (n° 8028 de la NFC) décrit ce concert. Écoutez la lecture de sa lettre et une récitation du poème de Daniel Hill Bruce intitulé « The Glories of Newfoundland » (les gloires de Terre-Neuve).
Résumé : Cette vidéo présente une séquence de photographies et de documents historiques qui illustrent les points du récit. Dans le récit d’ouverture, les images représentent la ville de Dunkeld, la NFC rassemblée près d’un moulin à Dunkeld, les Blue Puttees qui défilent, les portes de la Dunkeld Academy, des membres de la NFC et des femmes au salon de thé, le capitaine Ross, des hommes et des femmes dans les bois, et des groupes de membres de la NFC adoptant des poses décontractées. Lors de la lecture du poème, les images représentent des scènes de la nature de Terre-Neuve, notamment une maison sur une falaise, les falaises de White Bay et les montagnes Long Range, des hommes avec des chiens et des traîneaux, des hommes avec des meules de foin, une femme avec deux garçons, des troupes quittant Terre-Neuve par navire, un cimetière de croix blanches, et un groupe de femmes et de jeunes filles.
Titre : Un concert à Dunkeld
Narrateur :
Hier après-midi, nous avons assisté à un concert gratuit, suivi d’un thé, le tout offert par quelques dames éminentes de Dunkeld.
Les hommes de nos compagnies ont d’abord défilé sur le terrain de la scierie et, après avoir exécuté diverses manœuvres, ont été photographiés en groupes. Ensuite, nous avons tous marché vers la ville, présentant une apparence plutôt militaire avec le capitaine Baird et le capitaine Ross, sur leur cheval de bataille, à la tête du défilé.
Le concert comportait des chansons, des danses, des duos au piano, des pièces au violon, des sketches, etc. M. Crombie, directeur de la Dunkeld Academy, a agi comme maître de cérémonie et, lors de son mot d’ouverture, il nous a accueillis chaleureusement, dans le style écossais. Il espérait que les gars de Terre-Neuve, pendant leur séjour dans ce pays, y trouveraient des cœurs accueillants en Écosse.
Nous avons été divertis pendant plus de deux heures par les chanteurs et les musiciens, dont les prestations étaient si bonnes qu’ils ont souvent été demandés en rappel.
À la fin du spectacle, le capitaine Ross, au nom des hommes des compagnies forestières et des hommes de la maison de convalescence de St. Mary, a remercié les dames pour ce spectacle divertissant, intéressant et fort agréable. Il a parlé de ce bel accueil chaleureux que les Écossais d’un peu partout au pays ont réservé aux gars de Terre-Neuve, affirmant que nos gars étaient aussi bien reçus et divertis qu’ils le seraient chez eux.
Trois bravos ont été lancés pour les dames qui ont aidé au spectacle de l’après-midi, des bravos qui ont été donnés avec un tel enthousiasme qu’ils résonnent encore dans mes oreilles.
Pendant que le concert se déroulait, un certain nombre de dames s’affairaient dans les coulisses, voyant aux préparatifs pour subvenir aux besoins de l’homme intérieur, et on nous a bientôt servi du thé, des sandwichs, des scones, des tartes, des gâteaux, etc.
Cette gâterie a suscité encore plus de bravos pour les dames, pour les efforts inlassables qu’elles déployaient à notre endroit.
Titre : Les gloires de Terre-Neuve
Narratrice :
Je vous chanterai une chanson d’une terre lointaine
Sur le large littoral de l’Atlantique,
Où les rochers s’élèvent à pic sur la plage de galets,
Et reproduisent les sons de l’océan.
Un pays de baies et de lagunes,
La mer nourricière de la morue commune,
Où l’été s’envole, mais bien trop vite,
Avant que la tempête ne fasse rage.
Je vous chanterai une chanson d’une race robuste.
Qu’il y ait brume, neige ou brouillard,
Les bûcherons s’activent sur la paroi rocheuse,
Ou se divertissent avec le traîneau et les chiens.
Sur la crête enjouée des vagues généreuses,
Les navires partent à la mer.
Dans les champs, recueillant les offrandes de Dieu,
Où je souris bienveillamment.
Je vous chanterai une chanson remplie d’espoir et de joie,
Quand le cœur bat la chamade,
Et que l’amour enflamme les filles et les garçons,
En plein bois, au mois de juin.
Je vous chanterai leurs doutes et leurs peurs,
D’un esprit parfois torturé,
Et je vous parlerai d’un sourire dissimulé par les larmes,
Né d’un repos de l’âme.
Je vous chanterai une chanson sur le courage de ces fils de la patrie,
Qui ont quitté leur foyer paisible
Pour les champs de bataille où les bombes et les canons
Explosent, et les monstres de l’enfer surgissent
Là où les croix de bois envahissent les champs de France,
Par le geste d’une main bienveillante,
Est inscrit là pour celui qui scrute,
« Un héros de Terre-Neuve. »
À la montagne et à la lande,
Où l’on trouve des caribous et des lagopèdes,
Au fusil et aux foulées,
Au saumon et à la morue dans le détroit,
À la matrone et à la servante,
Au soldat et au grand-père,
Pour eux, ma chanson s’élève de la colline et de la clairière,
« Les gloires de Terre-Neuve. »
Crédits :
Production : Ursula A. Kelly et Meghan C. Forsyth
« Un concert à Dunkeld » est un extrait de « Hunting Game » de John A. Barrett, publié dans The Western Star le 12 décembre 1917.
Narration anglaise et enregistrement : Jim Payne
« The Glories of Newfoundland » (D. H. Bruce)
Narration anglaise : Fiona Miller
Enregistrement : Keith Miller
Photographies utilisées avec l’aimable autorisation des archives communautaires de Dunkeld et de la division des archives provinciales The Rooms
Photographie d’ouverture : « Across the Tay to Dunkeld » de Gordon Hatton (CC SA-BY 2.0)
2024
Logos : Grand Falls-Windsor Heritage Society, Université Memorial et Musées numériques Canada
CHANSON DU CAMP
« CHANSON DE BÛCHERONS »
Compositrice ou compositeur inconnu
Interprète : Josie LaCosta
Cette chanson, chantée en français, raconte les dangers et les tragédies de l’exploitation forestière, notamment lors de la drave du printemps. On la connaît bien dans les camps forestiers du début du 20e siècle au Québec et au Nouveau-Brunswick, ainsi que dans les communautés francophones de la côte ouest de Terre-Neuve. La chanson, ainsi que Lumberjack Breakdown (ci-dessous), fait partie du répertoire musical que de nombreux forestiers connaissent et entonnent dans les camps et les concerts communautaires en Écosse.
Josie LaCosta (1904-1982) de La Grand’Terre (Mainland), puis de Cap Saint-Georges, a appris la chanson de Willy Robin, qui l’avait apprise dans un camp forestier du Nouveau-Brunswick. Tous deux sont des chanteurs et des conteurs bien connus dans la péninsule de Port-au-Port, à Terre-Neuve.
Cet enregistrement nous vient du folkloriste Gerald Thomas, qui a enregistré de nombreuses chansons de LaCoste de 1973 à 1981. Il figure sur l’album Mentioned in Song: Song Traditions of the Loggers of Newfoundland and Labrador (2014), et est reproduit ici avec l’autorisation du MMaP Research Centre.
ÉCOUTER
C’est trois jeunes garçons partis pour un long voyage
Pour un chantier pour s’y faire hiverner
Bon voyageur, je te le dis encore,
Tu mourriras sans revoir ton pays
Bon voyageur, je te le dis encore,
Tu mourriras sans revoir ton pays
C’est par un dimanche, un après-midi
Dessus un jam, je me suis embarqué
Bon voyageur, je te le dis encore,
Tu mourriras sans revoir ton pays
Bon voyageur, je te le dis encore,
Tu mourriras sans revoir ton pays
Mais au printemps, il fallait faire une drive,
sur une rivière qu’il y avait du danger
Ca descendait de rapides en rapides
Rien que sur une branche que j’ai pu me sauver
Bon voyageur, je te le dis encore,
Tu mourriras sans revoir ton pays
Bon voyageur, je te le dis encore,
Tu mourriras sans revoir ton pays
C’est en passant le rivière à Maplante
C’est là que je versai le restant de mon sang
Avec sa flèche le sauvage farouche
A fait couler le restant de mon sang
Bon voyageur, je te le dis encore,
Tu mourriras sans revoir ton pays
Bon voyageur, je te le dis encore,
Tu mourriras sans revoir ton pays
Quelle triste nouvelle envoyer à sa mère
son enfant est mort, il est mort sur une drive
Vous lui direz qu’elle n’prenne pas trop de peine
Parfois dans la forêt à la mort faut subir,
Vous lui direz qu’elle n’prenne pas trop de peine
Parfois dans la forêt à la mort faut partir.
MUSIQUE DE CAMP
« LUMBERJACK BREAKDOWN » (air de bûcheron)
Compositrice ou compositeur inconnu
Interprètes : Larry Barker (accordéon), Gerald Quinton (harmonica) et Moses Harris (instrument non déterminé)
C’est la collectionneuse de chansons folkloriques Genevieve Lehr qui a enregistré ce single (terme utilisé pour désigner une polka rapide à Terre-Neuve-et-Labrador) dansant en 1978. Il est interprété par trois musiciens bien connus du nord de la baie de Bonavista, sur la côte nord‑est de l’île de Terre-Neuve.
Larry Barker (1917-2011), pêcheur et bûcheron d’Open Hall, appartenait à la NOFU (no 1794). Joueur d’accordéon et de violon, il s’est souvent produit avec Gerald Quinton (1922-2009), connu pour ses talents d’harmoniciste et de danseur traditionnel, et avec Moses Harris, qui jouait de toutes sortes d’instruments faits à la main. Le trio a d’ailleurs fait l’objet d’un épisode de l’émission Land and Sea de la CBC, « A Time in Red Cliffe », en 1976.
Cet enregistrement figure sur l’album Mentioned in Song: Song Traditions of the Loggers of Newfoundland and Labrador (2014), et est reproduit ici avec l’autorisation du Research Centre for the Study of Music, Media and Place (MMaP).
ÉCOUTER

DES COLIS QUI NE SONT JAMAIS ARRIVÉS
Un article du St. John’s Daily Star du 13 février 1918 rapporte que les colis de Noël qu’attendaient fébrilement les forestiers d’outre-mer ont été « perdus en cours de route ».
Transcription traduite de l’anglais :
DES FORESTIERS
PAS DE COLIS À NOËL — LE TABAC COÛTE TRÈS CHER
Plusieurs personnes du coin reçoivent des lettres de forestiers postés dans le Perthshire, en Écosse. Certains rapportent n’avoir encore reçu aucun des colis de Noël en provenance de chez nous et d’autres régions de Terre-Neuve, et supposent qu’ils ont dû disparaître en cours de route.
Il est impossible de mettre la main sur du bon tabac et les hommes sont reconnaissants pour tous les colis de chez nous qui contiennent la fameuse herbe. Une plaquette de tabac équivalent à celui de Mayo leur coûte 40 cents, et le tabac de chez nous est très recherché. De nombreux colis envoyés d’ici avant et après Noël, contenant des gâteaux, du tabac, des cigarettes, des pipes, etc., n’arrivent pas à destination. Les hommes qui travaillent en altitude disent qu’il fait très froid.
Ils travaillent souvent le dimanche et tous étaient occupés le jour de l’An. Il n’y a pas beaucoup d’hommes sur la liste de malades, car le climat est sain et vivifiant et les habitants du Perthshire sont extrêmement gentils et courtois.
PAS DE LETTRES DE CHEZ NOUS
Comme les colis, les lettres personnelles mettent souvent une éternité à se rendre à destination en temps de guerre. Ici, William Coaker, rédacteur en chef de The Evening Advocate, reçoit une lettre qui demande des nouvelles de Bertha Hull, épouse du soldat Ephraim Hull (no 8191 de la NFC). Député à la Chambre d’assemblée de Terre-Neuve, M. Coaker dirige aussi le Fishermen’s Protective Union (FPU), un syndicat qui veille aux droits des bûcherons à l’époque.
Cher Monsieur,
Pourriez-vous me dire pourquoi les hommes de l’unité forestière en Écosse ne reçoivent pas de lettres de chez eux? Mon mari est là depuis juillet et n’a reçu aucune lettre de moi depuis son départ. Je lui écris toutes les semaines. Je reçois toutes les lettres qu’il envoie, mais il ne reçoit pas les miennes. J’aimerais que vous m’expliquiez pourquoi. Il y a quatre autres hommes avec lui et ils ne reçoivent pas non plus de nouvelles de la maison. Je vous prie de m’en donner la raison dès que possible.
Veuillez agréer, Monsieur, mes humbles salutations.
Mme Ephraim Hull
Birchville, à Springdale (Hall’s Bay)
– The Evening Advocate, 23 novembre 1917
(traduite de l’anglais)
UNE CONCURRENCE AMICALE, MAIS FÉROCE
L’une des compétitions sportives entre des membres de la NFC eut lieu et cette dernière fit l’objet d’un article dans le Perthshire Advertiser, 24 octobre 1917.


(traduit de l’anglais)
Une manifestation unique en son genre, organisée samedi à Stanley par le comité d’aide aux victimes de guerre du district, a suscité beaucoup d’intérêt. Des membres du Corps forestier canadien et des compagnies forestières de Terre-Neuve, qui à l’heure actuelle apportent une contribution fort utile à la guerre dans les forêts du Perthshire, ont organisé les activités sportives en plus d’y participer.
Ce fut une démonstration remarquable de la prouesse et de la science qui font le renom de « l’homme des bois », et les sports typiques de ces dominions britanniques d’outre-mer ont fait la joie des badauds. Les bûcherons ont participé avec enthousiasme à cette initiative visant à ajouter des dons aux 800 £ déjà collectées à Stanley le 1er septembre dernier, au profit du fonds de la Croix-Rouge. Et ils ont admirablement réussi, car près de 2 000 personnes ont payé les droits d’entrée. […]
Les activités de l’après-midi se sont déroulées dans un champ à proximité de la route principale du village. Les céréales dorées qui jusqu’à tout récemment faisaient briller le champ de mille feux avaient été récoltées en toute sécurité, et sur le chaume étaient éparpillés des arbres abattus prêts à être travaillés à la scie et à la hache.
Il y avait aussi beaucoup d’espace pour jouer au baseball, un loisir aussi populaire sur le continent occidental que le football [soccer] l’est dans nos îles britanniques. […] En guise d’ouverture du programme de sports, les joueurs de baseball se sont livrés à une partie houleuse et captivante, une expérience inédite pour la majorité des membres du public.
Une joute de tir à la corde très serrée entre les Canadiens et les Terre-Neuviens s’est soldée par la victoire de ces derniers, qui ont réussi à s’approprier la corde deux fois de suite.
Plus tard, l’équipe gagnante a retenté l’expérience avec une équipe locale et, au grand plaisir de la foule, le tir a duré si longtemps qu’il a fallu conclure à un match nul.
En outre, le public a pu assister à des compétitions chaudement disputées de coupe et d’équarrissage de bois, les outils étant maniés avec une adresse et une énergie peu communes. […]
La foule s’est ensuite déplacée vers l’étang de curling non loin de là, où s’est disputée l’épreuve sans doute la plus intéressante du programme, soit le lancer de billes de bois dans l’eau à la manière des bûcherons. Avec un peu d’imagination, on pouvait penser que l’étang bordé de colonnes de sapins était plutôt une crique du Saint-Laurent. Quoi qu’il en soit, ces prouesses sylvestres dans l’eau nous ont montré le merveilleux jeu de jambes et l’agilité avec lesquels les bûcherons expérimentés font « descendre » les troncs d’arbres. Certains « tours d’adresse » n’auraient pu être réalisés sans la plus grande audace et le plus grand sens de l’équilibre, et l’un des concurrents a fait preuve d’une habileté tout à fait extraordinaire. Amassées sur les berges, des rangées de spectateurs ont applaudi sans relâche les talentueux athlètes. […]
La musique, jouée par le Black Watch Band sous la direction du chef d’orchestre Austing, a aussi fait le bonheur des spectateurs. Les filles de Hobart House, faisant office de préposées sous la supervision de M. A.H. Smith, ont servi des tasses de thé rafraîchissantes et ont réalisé une collecte au profit de la Croix-Rouge, recueillant plus de 12 £.
ÉCOUTER (en anglais)

JE ME SENS SEUL
John Angel (No 8383 de la NFC) a griffonné ces mots sur le dos d’une photo qu’il a postée d’Écosse à sa femme Anastasia, laquelle résidait à St. John’s. La broche en argent, gravée « Edinburgh », la ville où elle avait été achetée, est arrivée à bon port et reste un objet de valeur dans la famille Angel.
« Je t’ai envoyé une broche. J’espère que tu la recevras. Je me sens seul. »

LES BÛCHERONS SE SONT RETROUVÉS CHEZ EUX
Le repas du soir est l’un des temps forts des journées de travail au camp. Les hommes de la NFC sont heureux d’avoir le droit de compléter leur régime militaire standard avec du gibier sauvage, ce dernier étant abondant dans le domaine d’Atholl, où ils travaillent. Cet extrait du Times History and Encyclopedia of the War a été écrit en 1917 et décrit le type de gibier que côtoyaient les hommes.

Transcription traduite de l’anglais :
« Les cerfs de montagne sont devenus moins alarmés par l’invasion de leur solitude [par les forestiers] après un certain temps et se sont faufilés avec méfiance sur les plus hauts sommets pour regarder les nouveaux arrivants de haut. Des bandes de perdrix prenaient les airs, volant droit devant, pendant que les hommes défrichaient de nouveaux secteurs et que les lapins des bois croisaient leur chemin. Pour les Terre-Neuviens, cela leur rappelait le caribou de leur pays d’origine ainsi que d’autres gibiers qu’ils désignaient dans leur propre langue : cerfs, gélinottes, lièvres, perdrix et lapins. Le plus grand privilège de l’accueil chaleureux qui leur a été réservé, c’était le privilège d’utiliser à l’occasion un fusil ou un pistolet autour de leurs camps pour leur popote de camp. À Terre-Neuve, il n’existe aucun droit de propriété privé, et cette généreuse concession du [duc d’Athol] a profondément touché les chasseurs terre-neuviens qui étaient ses invités temporaires. »