LA SECONDE
GUERRE
MONDIALE

 

LES TRAVAILLEURS
DU BOIS EN TEMPS DE GUERRE

Une photographie en noir et blanc de quarante hommes, habillés de façon décontractée ou en costume, posant à l’extérieur en quatre rangées; plusieurs sourient. Une rangée d'arbres se dessine au loin derrière eux.

Un groupe de membres de la NOFU en Écosse.
Avec l’aimable autorisation de la Grand Falls-Windsor Heritage Society

1939 : UNE RÉPONSE CIVILE

Plus de 13 000 personnes de l’île de Terre-Neuve et de certaines parties du Labrador se sont enrôlées à divers titres pendant la Seconde Guerre mondiale. La plus grande partie d’entre eux, soit près de 3 600 volontaires, se sont enrôlés dans la Newfoundland Forestry Unit, plus connue sous le nom de Newfoundland Overseas Forestry Unit (NOFU). Ils ont servi en Écosse et en Angleterre.

Séparée des forces armées, cette unité civile a été créée à l’automne 1939. Quelques-uns de ses hommes étaient d’anciens membres de la Newfoundland Forestry Companies (NFC), qui se sont portés volontaires pour soutenir le Royaume-Uni comme ils l’avaient fait lors de la Première Guerre mondiale.

Un homme en uniforme, assis sur une caisse en bois, lit un extrait de journal à des travailleurs forestiers debout dans la neige.

Un ranger terre-neuvien lit la proclamation de guerre à des
bûcherons dans un camp du centre de Terre-Neuve en 1939.

Avec l’aimable autorisation de la division des
archives provinciales The Rooms, A7-166

 

Un titre de journal proclame que l’insigne spécial de la NOFU comprend une tête de caribou sur laquelle est inscrit « Newfoundland » (Terre-Neuve).

Lors de cette guerre, les forestiers de Terre-Neuve ne portaient pas d’uniforme. Cet insigne les identifiait comme membres des volontaires civils de la NOFU. L’emblème du caribou établit un lien entre leur service et les hommes de l’unité NFC de la Première Guerre mondiale.

The Western Star, Corner Brook, 3 juillet 1940

Plus de 2 100 travailleurs du bois ont répondu à l’appel initial de volontaires. Beaucoup d’entre eux avaient travaillé pour l’une des deux grandes entreprises de pâtes et papiers : l’Anglo-Newfoundland Development Company (ANDCo) à Grand Falls et Bowater à Corner Brook.

 

La NOFU a maintenu un effectif de plus d’un millier de membres pendant chaque année de la guerre. Un grand nombre de ses hommes sont restés en Écosse pendant la durée de la guerre. Ces forestiers étaient fiers de leur contribution et du pays qu’ils représentaient. Dans tous leurs camps, ils arboraient le Red Ensign de Terre-Neuve, souvent sur un mât surmonté du symbole du Royal Newfoundland Regiment de la Première Guerre mondiale : un caribou des bois. Ils chantaient également l’hymne du pays, Ode to Newfoundland, où et quand ils le pouvaient, pour remonter le moral de leurs hôtes et leur rappeler qui ils étaient et d’où ils venaient.

 

Un drapeau rouge vif avec l’Union Jack dans le coin supérieur gauche et un insigne circulaire à droite. Il comporte trois figures (un pêcheur, Mercure et Britannia) et « Terra Nova ».

En 1904, le Red Ensign de Terre-Neuve est devenu le drapeau officiel des navires civils et l’Ode to Newfoundland, l’hymne officiel du dominion. Le drapeau n’avait pas de statut officiel sur terre, mais il a été largement adopté et hissé sur les bâtiments, les maisons et lors de manifestations publiques pendant de nombreuses années. Le drapeau illustré appartient à Michael Pretty, du Trail of the Caribou Research Group. M. Pretty l’emporta avec lui lors de ses visites sur toutes les tombes, tous les champs de bataille et tous les sites commémoratifs où des membres des unités de Terre-Neuve et de Labrador ont servi : dans 17 pays et sur 3 continents.

Avec l’aimable autorisation de Michael Pretty, Trail of the Caribou Research Group

Un long article de journal, présenté en une seule colonne, commence par l’emblème de Terre-Neuve, suivi du titre « Avis public ».

Des avis publics comme celui-ci furent publiés dans les journaux de tout le pays. Les recruteurs voyageaient aussi beaucoup pour recruter des volontaires.

The Daily News, St. John’s, 29 avril 1941

Transcription traduite de l’anglais : 

Avis public

À la recherche d’hommes qui s’engageront dans la Newfoundland Overseas Forestry Unit

Le gouvernement de Sa Majesté en Grande-Bretagne a demandé que 400 Terre-Neuviens supplémentaires soient recrutés immédiatement pour servir au Royaume-Uni dans la Newfoundland Overseas Forestry Unit.

Les détails complets des conditions de service, qui seront incorporés dans un contrat que tous les hommes devront signer avant d’être acceptés, seront publiés dès que possible. De façon générale, les conditions sont similaires à celles du contrat précédent. Les dispositions les plus importantes du contrat sont les suivantes :

  1. Les hommes devront s’engager pour la durée de la guerre actuelle et ne seront pas autorisés à être transférés dans l’une des forces armées du Royaume-Uni ou dans une autre unité. Ils pourront cependant être libérés de leur contrat, si leurs services ne sont plus nécessaires, un an après la date de leur arrivée au Royaume-Uni ou à tout moment par la suite. 
  2. Le transport gratuit sera assuré de Terre-Neuve au Royaume-Uni. À la fin de leur période de service, les personnes engagées seront ramenées gratuitement à leur domicile à Terre-Neuve, sauf dans le cas des hommes licenciés pour rupture de contrat.
  3. Le taux de salaire de base sera de 2 $ par jour, hébergement et repas compris, bien que des taux de travail à la pièce puissent être substitués au taux journalier. Les hommes devront travailler au moins 48 heures par semaine. En ce qui concerne les heures perdues pour cause de maladie, la moitié du taux de salaire normal sera payée. Les hommes seront couverts par les dispositions des lois britanniques sur l’indemnisation des accidents du travail.
  4. Chaque homme devra verser aux personnes à sa charge à Terre-Neuve une allocation égale à la moitié de son salaire.
  5. Aucun homme qui a déjà servi dans la Newfoundland Overseas Forestry Unit et qui est retourné à Terre-Neuve ne sera accepté. 
  6. Seuls les hommes certifiés physiquement aptes au travail en forêt seront acceptés. 

Toutes les demandes doivent être présentées en personne aux agents de recrutement. De temps à autre, le nom de ces agents et les régions dans lesquelles ces derniers sont situés seront annoncés dans la presse et à la radio.

Ministère des Ressources naturelles
26 avril 1941

Des hommes sternes en costume sortent de la porte latérale d’une église en pierre, portant sur leurs épaules deux cercueils recouverts de drapeaux.


Les cercueils de Charles Short (no 2557 de la NOFU) et de Cecil White (no 2547 de la NOFU) drapés du Red Ensign de Terre-Neuve sont menés de l’église épiscopale St. Kentigern’s à Ballater, en Écosse. Charles Short et Cecil White ont été tués dans un accident de camion en 1941. Ils sont enterrés au cimetière de Tullich Old Churchyard, à Glenmuick, dans l’Aberdeenshire.
Avec l’aimable autorisation d’Eric et de Gerri Beckett

Deux bandes diagonales en haut à gauche et en bas à droite bordent une bannière où l’on peut lire « Terra Nova », l’insigne circulaire de la NOFU et la devise latine Haec Tibi Dona Fero.


Comme la plupart des articles de papeterie de la NOFU, cette carte porte la devise latine de l’unité, qui se traduit par « Je vous apporte ces offrandes. »
Avec l’aimable autorisation de Rhonda O’Keefe Arsenault

REGARDER ET ÉCOUTER

LA CHANSON DES FORESTIERS

Le 13 janvier 1940, le troisième contingent de forestiers terre-neuviens quitte la baie Bulls à bord du paquebot Duchess of Richmond du Canadien Pacifique. Six jours plus tard, ils arrivent sains et saufs à Liverpool. Un grand nombre des 409 hommes de la NOFU venaient de localités situées le long de la côte sud de la péninsule d’Avalon à Terre-Neuve, notamment James Carew (no 952 de la NOFU) de Cape Broyle et Patrick Carew (no 953 de la NOFU) d’Admiral’s Cove, une localité voisine. Ils ont composé The Foresters’ Song (la chanson des forestiers), un rare témoignage musical des expériences des forestiers de la Seconde Guerre mondiale.

« Vous êtes les bienvenus dans cette nation de notre chère Terre‑Neuve. »

Résumé : Cette chanson en anglais commence par un appel aux Terre-Neuviens à se joindre à la lutte contre l’Allemagne, suscitant des adieux émouvants de la part de leurs proches. La chanson met l’accent sur l’unité et la bravoure des hommes de toutes les régions, dont St. John’s, Torbay et les régions du nord. Une fois arrivés en Écosse, les hommes se préparent à couper du bois pour contribuer à l’effort de guerre. Malgré la distance qui les sépare de leur foyer, ils sont rassurés par l’auteur qui leur dit que l’hospitalité écossaise — et peut-être l’amour — les attend. Après une traversée sûre de l’océan, ils sont chaleureusement accueillis par des Écossaises à la gare, symbole de camaraderie et de solidarité internationale.

La vidéo est une série de photographies et de coupures de presse historiques illustrant les paroles de la chanson. On y voit des images de certaines localités littorales du sud, des hommes et les navires sur lesquels ils ont voyagé, de la pêche, de la fenaison et des travaux forestiers, ainsi que des camps et des personnes rencontrées une fois les hommes arrivés au Royaume-Uni. À la fin, les paroles du dernier couplet de la chanson (non chantée) sont affichées. Dans la vidéo, Pamela Morgan interprète la chanson.

Une diapositive de titre montre la face d’une épingle ronde gravée d’une tête de caribou de profil au centre avec les mots Newfoundland Forestry Unit autour. Sous l’épingle, le titre de la vidéo, « The Foresters’ Song », s’affiche.

[Flûte et guitare acoustique]

There came a call from o’er the sea for lumbering men to go
To cross the briny ocean to test the German foe
Our wives and our sweethearts they did mourn as they stood on the pier
Lamenting for the ones they loved and they shed many a tear.

I say now, boys, you are called upon to go and do your part
As Newfoundlanders always did and we shall make a start
So cheer up boys and do your best while you are far away
And you’ll come back a credit to your countrymen someday.

It was for England in January from Bay Bulls we did sail
On a liner bound for English shore, we gave a hearty cheer
The passengers did line her deck and on us they did smile
Saying, “Here’s to the boys from Ferryland and some more from old Cape Broyle.”

We’re not forgetting Witless Bay and Bay Bulls, too, likewise
And bonny little Calvert sent forth her darling boys
We’re not forgetting Tors Cove and Mobile in our song
For all the boys who did come forth to answer duty’s call.

There’s one who comes from old Fermeuse who says he’s not afraid
Young Thomas Tobin was his name, a fisherman by trade
He bid “Adieu” unto his friends as he left home that day
Saying, “When I will return again, you will have in your hay.”

The rest that stepped on board of her all hailed from St. John’s town
Commanded by Captain Turner who never wore a frown
Saying, “I am going with the boys as I have done before
To show the spirit of the men from Terra Nova shore.”

There’s Torbay too included, who nobly did their part
They left their sweethearts on the shore all with a broken heart
We’re not forgetting the northern men, the mainstay of our land
The finest crowd of lumbermen that ever left this strand.

So now boys we are on our way to cross the ocean foam
To cut the trees in Scotland before returning home
So boys don’t be downhearted while crossing o’er the main
There’s lots of girls in Scotland to cheer you up again.
Now we’re gliding o’er the sea, the land is drawing nigh
A sharp lookout for German ships is watched by every eye
So thanks be to kind Providence, we’ve landed safe on land
And we danced the Stack of Barley and stepped out on the strand.

Now we’re seated on the trains, some heaved a heavy sigh
The girls stood at the station as we were passing by
They brought us lunch and gave us tea and took us by the hand
Saying, “You’re welcome to this country from dear old Newfoundland.”

Texte affiché sur la diapositive, mais non prononcé : 

La fin de nos six mois approche et bientôt nous rentrerons à la maison.
Nous serons de nouveau auprès de nos femmes et de nos bien-aimées, et nous ne les quitterons plus.

En l’honneur des compositeurs, Jim et de Pat Carew, que le ciel leur sourît,
Car ils sont deux parmi les rares à être venus du vieux Cape Broyle.

Crédits :

Production : Ursula A. Kelly et Meghan C. Forsyth
Création de la vidéo : Diego Pani
2018

Arrangement et enregistrement par Pamela Morgan pour l’album Mentioned in Song: Song Traditions of the Loggers of Newfoundland and Labrador (Research Centre for the Study of Music, Media, and Place, Université Memorial, 2014)

Photographies utilisées avec l’aimable autorisation du fonds de l’Exporail et du Chemin de fer Canadian Pacifique, de la division des archives provinciales The Rooms, de la division des photos du ministère des renseignements du R.-U., de John Baillie et de Forest Memories, de Rhonda O’Keefe Arsenault et de Diego Pani

Logos: Université Memorial; Research Centre for the Study of Music, Media, and Place; Conseil de recherches en sciences humaines; et le gouvernement du Canada

NEWFOUNDLAND OVERSEAS FORESTRY UNIT

Cet aperçu des conditions d’enrôlement des volontaires dans la NOFU, ici traduit de l’anglais, a été publié dans plusieurs journaux de Terre-Neuve (dans des versions différentes) à l’automne 1939.

Le gouvernement britannique a demandé à Terre-Neuve de mettre sur pied une unité forestière civile composée d’environ 2000 bûcherons expérimentés afin d’entreprendre la production d’étais de mine au Royaume-Uni.

La mise sur pied de l’unité forestière de Terre-Neuve a commencé aujourd’hui. Dès qu’un nombre suffisant d’hommes sera enrôlé et que le transport maritime sera disponible, le premier groupe partira. D’autres groupes partiront à intervalles rapprochés. L’ensemble de l’unité doit être au travail au Royaume-Uni le plus tôt possible.

L’unité forestière sera autonome. Tous les membres du personnel seront enrôlés à Terre-Neuve et l’unité travaillera sous le contrôle direct de l’agent forestier en chef, qui partira pour l’Angleterre avec le premier groupe. Dans la mesure du possible, tous les postes seront pourvus par les membres de l’unité.

Les conditions de l’enrôlement volontaire sont les suivantes :

(1) L’enrôlement sera de six mois après l’embarquement pour le Royaume-Uni. Les membres auront ensuite la possibilité de rentrer chez eux ou de s’enrôler de nouveau pour une période déterminée ou pour la durée de la guerre.

(2) Le transport sera gratuit en direction et en provenance du Royaume-Uni à la fin de l’enrôlement. Les membres qui ne seront pas en mesure de travailler en raison d’une maladie ou d’un accident seront ramenés gratuitement dans leur pays d’origine dès que possible.

3) Les hommes enrôlés dans l’unité sont libres de le faire dans n’importe quelle branche des services de combat, moyennant un préavis raisonnable.

(4) Le taux de rémunération de base est de 2,00 $ par jour ouvrable et trouvé. L’hébergement, la nourriture et les outils sont fournis gratuitement. Les sous contremaîtres et les contremaîtres sont rémunérés à des taux proportionnellement plus élevés.  

(5) Les soins médicaux sont gratuits. Les dispositions de la législation relative à la responsabilité des employeurs et à la loi sur l’indemnisation des accidents du travail s’appliquent. En d’autres termes, un membre de l’unité doit être dans la même situation, en ce qui concerne l’indemnisation des dommages corporels, que s’il était employé par l’une des entreprises de pâtes et papiers locales.

(6) Tous les membres de l’unité allouent au moins la moitié de leur salaire à leurs proches, qui leur est versé directement à Terre-Neuve. Des modifications peuvent être apportées dans des circonstances particulières, sous réserve d’approbation. 

(7) Dans le cas du travail perdu pour cause de maladie, la moitié du salaire normal est versée. Dans tous les cas, l’allocation aux personnes à charge doit être payée intégralement.

(8) Tout homme qui se comporte mal de manière persistante sera retourné chez lui à ses propres frais.

(9) Les limites d’âge sont fixées de 18 à 50 ans. Dans le cas des contremaîtres et du personnel, une certaine variation peut être faite dans des circonstances spéciales.

(10) La norme physique doit être plus ou moins semblable à celle requise dans les opérations forestières des entreprises de pâtes et papiers, c’est-à-dire qu’un homme doit être en bonne santé physique, avoir un cœur et des poumons en bon état, et être exempt de toute forme de maladie de la peau ou d’autres maladies contagieuses.

 

ENRÔLEMENT ET ORGANISATION

(1) Dans la mesure du possible, les hommes seront enrôlés par groupes de 20 ou plus de la même localité.

(2) Après avoir été acceptés par un représentant de l’unité … et avoir passé un examen médical, les hommes signeront un contrat d’enrôlement et poursuivront ensuite leurs activités normales.

(3) Dès que l’organisation du transport sera terminée, les sous-contremaîtres ou les contremaîtres recevront l’ordre de rassembler les groupes. On leur communiquera aussi toutes les directives pour les amener au port de Terre-Neuve d’où ils s’embarqueront. Dès qu’un homme reçoit l’ordre d’un représentant officiel de l’agent forestier en chef outre-mer de se préparer à partir, il est considéré comme étant sous les ordres.

(4) Seuls les représentants de l’unité sont autorisés à enrôler des hommes. Toutefois, afin d’éviter tout retard, les hommes souhaitant s’enrôler peuvent envoyer une lettre ou un télégramme à la Newfoundland Overseas Forestry Unit, ministère des Ressources naturelles, à St. John’s.

NOTE : Les candidats gagneront du temps s’ils peuvent prendre des dispositions pour subir un examen médical à l’avance. Si, depuis le 1er juin 1939, un homme a été examiné par un médecin autorisé par l’une ou l’autre des entreprises de pâtes et papiers, son certificat sera accepté sans autre examen.

(5) Les représentants de la Newfoundland Overseas Forestry Unit visiteront immédiatement le plus grand nombre d’endroits possible. Des efforts seront faits pour tenir le public informé des déplacements de ces représentants par l’entremise de messages publics et de la radio.

Newfoundland Overseas Forestry Unit, ministère des Ressources naturelles, à St. John’s.

– The Western Star, Corner Brook, 29 novembre 1939 

Le contrat d’engagement original non daté de Valentine O’Keefe est plié et taché, mais encore lisible. Il indique que son nom de famille est Keefe et attribue sa paie de 26 $ à son père, Augustus.

Photo officielle de six hommes en costume portant des épinglettes de la NOFU sur deux rangées. Les hommes à l’avant sont assis et se tiennent la main.


Valentine J. Keefe (no 972 de la NOFU) de Ferryland fait partie des quelques dizaines d’hommes de cet endroit qui se sont portés volontaires pour la NOFU à l’automne 1939. Il a servi dans l’unité jusqu’en 1945. On peut l’apercevoir au dernier rang, à gauche, avec des amis de la NOFU en Écosse, vers 1942. Valentine Keefe est décédé en 1990 à Ferryland.
Avec l’aimable autorisation de Rhonda O’Keefe Arsenault

L’appel de trois paragraphes, dactylographié avec soin, est signé par Caldecote, secrétaire d’État aux Affaires fédérales, et daté du 4 juin 1940.nion Affairs and dated June 4, 1940.

Les premiers bénévoles de la NOFU durent prendre une décision importante à la fin de leur premier mandat, comme le montre cet appel aux membres de l’unité. L’avis a été affiché dans tous les camps du Royaume-Uni où les forestiers travaillaient.
Avec l’aimable autorisation de la Grand Falls-Windsor Heritage Society

Une seule colonne de texte annonce la fin de la période initiale de service de la NOFU, ajoutant que les hommes « ont maintenant le choix de s’enrôler pour la durée de la guerre, de se joindre aux forces combattantes ou de rentrer chez eux. »


Les conditions du volontariat ont changé au cours de la Seconde Guerre mondiale, comme le montre cette coupure de presse.
The Western Star, Corner Brook, 3 juillet 1940

Transcription traduite de l’anglais : 

Aux hommes de la Newfoundland Forestry Unit

En cette période d’urgence nationale, le gouvernement demande à chaque homme du pays d’effectuer le travail pour lequel il est le mieux préparé. Les forces combattantes jouent leur rôle de façon magnifique, mais il est essentiel pour elles de disposer des armes, des munitions, des navires, des avions et des matériaux de toutes sortes dont elles ont besoin. Sans charbon, ce grand effort d’équipement ne peut se poursuivre. Nos mines de charbon produisent plus qu’elles ne l’ont jamais fait. Elles ne peuvent continuer ainsi que si l’approvisionnement en bois est maintenu. Pour les exploiter, il faut 10 000 tonnes d’étai de mine par jour.

Lorsque vous êtes venus l’hiver dernier pour aider ce pays en travaillant comme bûcherons qualifiés, nous vous avons demandé de vous engager pour six mois seulement. À l’époque, il n’était pas possible de prévoir comment les choses allaient se dérouler. Il est maintenant évident que le besoin de production d’étais dans ce pays est dix fois plus important qu’il ne l’était lorsque vous êtes arrivés. Si vous quittez votre travail, comme vous en avez le droit au bout de six mois, selon les dispositions de votre engagement, nous aurons beaucoup de difficulté à vous remplacer. Le travail de bûcheron ne s’apprend pas facilement. Le duc de Devonshire a déjà demandé à chacun d’entre vous de rester et de déployer votre part d’efforts pour gagner la guerre en vous réengageant dans l’unité. Ces derniers jours, le danger s’est considérablement rapproché. Chaque corde de bois et chaque heure de travail sont d’une importance vitale. Je tiens à remercier ceux d’entre vous qui ont déjà décidé de rester dans l’unité et j’en profite pour lancer un nouvel appel à ceux d’entre vous qui envisagent de quitter l’unité de ne pas le faire et de revoir leur décision. Le gouvernement de Terre-Neuve est également de mon avis et me demande de vous dire qu’il appuie cet appel.

Je sais très bien que je demande un grand sacrifice à beaucoup d’entre vous, mais l’empire est en péril. En ce moment, m’adressant à vous en tant que membre du gouvernement de Sa Majesté, je vous dis que vous ne pouvez pas mieux servir la couronne et votre pays qu’en restant à votre poste actuel. Je sais que vous ne nous décevrez pas.

Le secrétaire d’État aux Affaires fédérales,

Caldecote

4 juin 1940

– –

La première unité de forestiers termine sa période de six mois (coupure de journal).

Les hommes ont maintenant le choix de s’engager pour la durée de la guerre, de se joindre aux forces combattantes ou de rentrer chez eux.

On croit que plusieurs resteront de l’autre côté de l’océan.

Le premier contingent de membres de la Newfoundland Overseas Forestry Unit, arrivé en Angleterre vers la mi-décembre dernier, a maintenant terminé son service de six mois, conformément à l’accord en vertu duquel le premier groupe a été engagé. Cette disposition s’applique à l’ensemble des 2 400 hommes qui se trouvent actuellement en Écosse et leur service de six mois prendra fin à diverses dates d’ici au mois d’août.

Bien qu’il semble que certains de ces hommes retourneront à Terre-Neuve, il est entendu que beaucoup d’entre eux resteront de l’autre côté de l’océan et s’engageront de nouveau pour la durée de la guerre ou se joindront aux forces combattantes. 

Les conditions d’engagement des 1000 hommes du second contingent étaient quelque peu différentes et les 900 hommes déjà enrôlés se sont engagés pour la durée de la guerre.

 

LE RECRUTEMENT : UNE RÉPONSE ENTHOUSIASTE

Le capitaine Jack Turner, officier responsable de la NOFU, était le principal point de contact avec l’unité et la source officielle de renseignement à ce sujet. Cette lettre, rédigée au début de l’année 1943, est la première des deux importantes mises à jour que Turner a envoyées à son pays. À cette époque, l’unité se trouvait au Royaume-Uni depuis plus de deux ans. Le deuxième rapport de Turner a été publié à la fin de l’année 1945.

Le 10 novembre 1939, nous avons été autorisés à mettre sur pied la Newfoundland Overseas Forestry Unit pour servir au Royaume-Uni. Il devait s’agir, dans la mesure du possible, d’une unité autonome, avec un effectif d’environ 2 000 hommes.

Le recrutement commença avant même que l’encre ne soit sèche sur les documents qui établissaient l’unité, et la réponse fut si enthousiaste et le désir des bûcherons de Terre-Neuve de jouer leur rôle si vif qu’en deux mois, le nombre requis de membres enrôlés avait été atteint. Le premier contingent de 300 hommes est parti en haute mer environ un mois plus tard, et l’ensemble de l’unité – qui compte plus de 2 000 hommes – a atteint les îles Britanniques un peu plus de trois mois après le recrutement. Je ne suis pas sûr que notre premier groupe ait été le premier contingent d’outre-mer à atteindre les îles Britanniques, mais je suis certain qu’il a été l’un des premiers à le faire. 

Il est peut-être utile de mentionner qu’à l’époque où l’unité a été constituée, il y avait très peu de recrutement à Terre-Neuve pour les forces armées. Quelques recrues étaient acceptées dans la marine. Le régiment d’artillerie de Terre-Neuve n’était pas encore né et aucune disposition n’avait été prise pour enrôler des Terre-Neuviens dans la Royal Air Force. Du point de vue de l’unité, il s’agissait à la fois d’une bonne et d’une mauvaise chose. D’une part, nous avons reçu un grand nombre de très bons jeunes hommes qui se seraient enrôlés dans les forces armées, si c’est possible, ce qui est tout à fait positif. D’une autre part, beaucoup de ces hommes ont utilisé l’unité comme un moyen de s’enrôler de ce côté-ci.

Je tiens à préciser qu’ils n’ont pas laissé tomber l’unité. Ils ont fait du bon travail et nous ont été fidèles pendant les six mois qu’ils avaient accepté de servir, mais à la minute où ce délai s’est écoulé, ils nous ont quittés pour prendre ce qu’ils pensaient être une part plus importante de l’effort de guerre. Mes meilleurs vœux les accompagnent tous – j’ai des nouvelles de certains d’entre eux de temps en temps, et j’en vois quelques-uns de temps à autre. Je ne reverrai jamais beaucoup d’entre eux, mais partout où les navires naviguent, où les avions volent et où les équipes débarquent sur les plages, on trouvera des Terre-Neuviens qui ont traversé l’océan en tant que membres de l’unité.


– Extrait de
  The Western Star, Corner Brook, 29 janvier 1943 (traduit de l’anglais)

Un homme rasé de près, vêtu d’une salopette et d’une chemise à manches, brandit une hache par-dessus son épaule gauche.


Membre de la NOFU avec une hache, vers 1941.
Avec l’aimable autorisation la division des archives provinciales The Rooms, A7-162

UN DEVOIR D’UNE IMPORTANCE VITALE

Par J. H. Gorvin, ministre des Ressources naturelles, Commission of Government

Personne ne peut affirmer que la mère patrie a oublié les remarquables exploits de Terre-Neuve dans les pages de l’histoire britannique de la dernière guerre, ou qu’elle ignore la volonté de Terre-Neuve de se montrer à la hauteur de ces exploits. Rien n’est plus faux… Cette nation est aujourd’hui appelée à assumer un devoir d’une importance vitale. Le gouvernement de Sa Majesté en Grande-Bretagne a demandé à Terre-Neuve d’envoyer, le plus rapidement possible, un grand nombre de bûcherons qualifiés pour produire des étais de mine à partir des forêts d’Angleterre et d’Écosse. L’excellente réputation établie en Grande-Bretagne par les bûcherons de Terre-Neuve au cours de la dernière guerre, et maintenue depuis, a incité les autorités de la mère patrie à faire appel à Terre-Neuve maintenant qu’il y a un besoin urgent de bois pour les besoins de la guerre. On a demandé à Terre-Neuve de constituer et d’envoyer immédiatement en Grande-Bretagne une unité forestière civile de 2 000 bûcherons qualifiés. Bien que cet appel n’ait été reçu qu’il y a quelques jours, les arrangements avec les autorités britanniques ont été mis au point.


– Extrait de
Address to the Country (un discours au pays) (traduit de l’anglais)

 

ÉCOUTER (en anglais)

Trois gros titres annoncent la création de la NOFU, qui verra aux besoins de l’Angleterre et de l’Écosse, et qui paiera les hommes 2,00 $ par jour.

La création de la NOFU a été annoncée au début de la guerre et la réponse a été rapide. Les hommes sont impatients de servir et seul un petit nombre de volontaires s’est enrôlé dans la Royal Navy avant l’appel de la NOFU. Les recrutements pour d’autres unités de service commenceront plus tard en 1939 et en 1940.


The Daily News, St. John’s, 20 novembre 1939

« THE BOYS FROM NEWFOUNDLAND » (les gars de Terre-Neuve)

Cette chansonnette a été souvent récitée dans les camps forestiers d’outre-mer et reprise dans plusieurs journaux écossais. Les forestiers de la Seconde Guerre mondiale y évoquent le Newfoundland Regiment de la Première Guerre mondiale. Elle rend hommage au courage des hommes qui ont combattu au sein du Newfoundland Regiment et à ceux qui travaillent sur les navires. Le SS Ranger, mentionné spécifiquement, appartenait aux marchands Bowring Brothers et a été utilisé pour la chasse aux phoques dans le pays pendant plus de 70 ans. Il a été broyé dans les glaces au large des îles Change en 1942.

Over there in ’14
The officers in command
Could not help but praise them up
The boys from Newfoundland.

Hitler needs a hundred-thousand men
And Chamberlain takes none.
I’d take the crew of the Ranger
And the battle would be done.


– Publié de nouveau dans The Scotsman, 4 avril 1941

Un trois-mâts avec une proue haute et un beaupré remonte un large port.


Le SS Ranger entre à Harbour Grace, à Terre-Neuve.
Avec l’aimable autorisation de la Maritime History Archive, Université Memorial, PF 343.0261

À LA TÊTE DE LA NOFU

John (Jack) Turner de St. John’s a travaillé pour l’Anglo-Newfoundland Development Company à Grand Falls et pour la Reid Newfoundland Railway avant de s’installer en Colombie-Britannique en 1911. Pendant la Première Guerre mondiale, il s’est enrôlé dans le Corps expéditionnaire canadien et a publié en 1918 un recueil de ses poèmes de guerre, Buddy’s Blighty and Other Verses from the Trenches. Après la guerre, il est revenu à Terre-Neuve et a travaillé comme arpenteur forestier et croiseur de bois pour l’ANDCo. 

En 1934, M. Turner fut nommé agent forestier au ministère des Ressources naturelles de Terre-Neuve. À ce poste, il a conçu des activités novatrices et expérimentales d’exploitation forestière, de sciage et de pépinière à Back River et Deer Park. Parmi les hommes qui travaillaient avec lui figurent deux frères, Thomas V. et Joseph M. Curran de Gambo, Charles Cahill de St. John’s et Edgar Baird de Gander. Tous seront nommés à des postes de direction de la NOFU en Écosse.

À la fin de la guerre, Jack Turner reprit son poste de forestier. Il meurt subitement à Ottawa en 1948, où il avait défendu les intérêts des forestiers et des sylviculteurs lors des négociations sur la Confédération de Terre-Neuve avec le Canada. On se souviendra de lui comme d’un forestier innovant et soucieux de durabilité, dont les efforts ont contribué à l’élaboration de politiques et de pratiques forestières modernes à Terre-Neuve et au Labrador.

Un homme en uniforme et coiffé d’une casquette ornée d’une feuille d’érable regarde l’appareil photo, la tête légèrement inclinée vers le bas.

Jack Turner en 1918, alors qu’il était capitaine dans le Corps expéditionnaire canadien.
– photo tirée de la partition de Zero Minus One, paroles de Jack Turner, mélodie de William A. Fisher, 1918

Photo de la tête et des épaules d’un homme souriant aux cheveux clairs en uniforme, la tête inclinée vers la gauche.

Le sergent John A. Dumaresque dans son uniforme de l’armée de l’air, vers 1944.
Avec l’aimable autorisation du projet de Mémorial virtuel de guerre du Canada

PORTRAIT D’UN FORESTIER

John A. Dumaresque (no 3422 de la NOFU) de Forteau, au Labrador, a travaillé pendant plusieurs années comme bûcheron pour la Labrador Development Company après l’ouverture de la société à Port Hope Simpson en 1934. Il a ensuite enseigné dans le détroit du Labrador et dans la péninsule Great Northern de Terre-Neuve. En 1941, il s’est enrôlé dans la NOFU.

En Écosse, M. Dumaresque a travaillé comme mesureur au camp C (no 6) à Laggan, où il est ami avec John Nick Jeddore (no 3361 de la NOFU). Dans son livre Moccasin Tracks, ce dernier décrit M. Dumaresque comme un homme merveilleux et bien informé.

Comme beaucoup de ceux qui ont rejoint la NOFU civile, M. Dumaresque était intéressé par le service militaire et il s’enrôla dans la Royal Air Force Volunteer Reserve, escadron 622, en 1943. Le mitrailleur de bord, sergent Dumaresque (no 1827113), a été tué le 20 septembre 1944 lorsque l’Avro Lancaster 1 à bord duquel il se trouvait est entré en collision avec un autre avion en plein vol, près de Wormingford, dans l’Essex. Il avait 26 ans. Il est enterré au Cambridge City Cemetery, à Cambridgeshire, en Angleterre.

REGARDER ET ÉCOUTER

LES GUERRIERS DE CETTE GUERRE NE PORTENT PAS TOUS UN UNIFORME

Les activités récréatives dans les camps permettent d’égayer les hommes, mais le fait de recevoir une lettre de son pays d’origine est fort probablement le moment le plus agréable dans la journée d’un forestier. Au cours des premières années de la guerre, tout le courrier destiné aux camps forestiers était d’abord envoyé au bureau du délégué commercial de Terre-Neuve à Londres, D. J. Davies. Il s’agissait de l’épicentre du contact avec le pays d’origine pour tous ceux qui servaient à l’étranger. Ce film illustre l’arrivée et le tri du courrier destiné aux hommes de la NOFU, et donne une vue d’ensemble et des images d’hommes dans un camp de la NOFU.

Regardez ce vidéoclip, extrait de Newfoundlanders at War (les Terre-Neuviens à la guerre), créé vers 1942 et dont le narrateur est Jack Murphy, délégué commercial adjoint, à Londres.

« Les Terre-Neuviens sont arrivés dans les villes, et aucun d’entre eux n’a été mieux accueilli que les bûcherons. »

Avec l’aimable autorisation du Centre for Innovation in Teaching and Learning, Université Memorial, L-1277

Résumé : Ce film historique s’ouvre sur les mots de son titre et sur un générique. Les premières images montrent des soldats (et des femmes) triant des piles de courrier, puis transportant le courrier ensaché dans une camionnette. Des scènes de la vie du camp et des hommes au travail (avec des poneys et des tracteurs) suivent. Les hommes retournent au camp, reçoivent leur courrier et postent leurs propres lettres. Le film se termine avec les hommes qui se rendent à la cuisine pour un repas, jetant des coups d’œil à la caméra.

[Musique : chœur d’hommes chantant « Ode to Newfoundland »]

Texte affiché à l’écran :

Les Terre-Neuviens à la guerre

Commentaire de M. Jack Murphy

Délégué commercial adjoint

Narrateur :
À 2 000 milles de là, vous avez affranchi et envoyé votre lettre.

Elle est sortie du sac dans le coin de Terre-Neuve à Londres.

Les Terre-Neuviens qui trient le courrier au bureau de Londres du délégué commercial de Terre-Neuve sont aussi désireux que vous de le voir partir rapidement.

Ils reconnaissent de nombreux noms.

Le fait de réexpédier une lettre à un ami offre autant de plaisir que le fait de recevoir une lettre soi-même. 

La réception des nouvelles et des colis du pays fait partie des évènements les plus importants dans la vie des 10 000 hommes qui ont été envoyés en Écosse, parmi les 300 000 habitants de Terre-Neuve. 

Les réconforts qui arrivent par navires entiers sont presque aussi rapidement mis en route.

Le délégué commercial Davies s’intéresse personnellement à la distribution du courrier et des colis.

Il pleut parfois à Londres, comme chez nous.

Mais les facteurs seraient heureux de transporter tout le papier produit à Grand Falls et à Corner Brook dans les sacs que le bureau de poste de Sa Majesté distribue aux marins, aux aviateurs et aux soldats.

[Musique]

Les guerriers de cette guerre ne portent pas tous l’uniforme.

Les Terre-Neuviens sont arrivés dans des villes, et aucun n’a été mieux accueilli que les bûcherons.

Vos lettres les trouvent dans un endroit qui ressemble beaucoup à certaines parties de Terre-Neuve. 

Même les noms de leurs voisins écossais leur sont familiers.

Il y a les mêmes Baird, McPherson, McFarland et McIntosh [qu’à Terre-Neuve.]

La même brume, les mêmes roches et les mêmes machines qui font le même travail [qu’à Terre-Neuve.].

[Musique]

C’est peut-être la construction d’un aéroport à Terre-Neuve qui recommence.

Les chevaux s’y mettent aussi, pour économiser l’essence, et les haches s’abattent avec la même force. [bruit de hache]

La coupe et l’abattage sont des travaux de guerre que les Terre-Neuviens connaissent bien [bruit de deux hommes qui scient du bois et d’un arbre qui tombe dans une forêt.]

En Écosse, le quota des bûcherons est toujours largement dépassé. Les tracteurs qu’ils utilisent sont à peu près les mêmes que ceux de chez nous. Les méthodes utilisées sont les mêmes [qu’à Terre-Neuve] et le nombre de grumes transportées jusqu’à l’usine représente un effort de guerre considérable.

[Musique]

Le camp n’est pas un si mauvais endroit quand les bûcherons ont fini leur journée de labeur.

Le travail en plein air ouvre l’appétit, des deux côtés de l’Atlantique.

De bons repas les attendent et il y a toujours une chance de recevoir une lettre.

[Musique]

Ils ne perdent pas beaucoup de temps à trier le courrier et à le lire lorsqu’ils arrivent au camp forestier. Les nouvelles du pays sont des nouvelles du pays, même si elles sont publiées dans le journal local. Après tout, il n’y a rien de tel qu’une rubrique « Naissances, décès et mariages » pour tenir un homme informé.

[Musique]

Le personnel de la boîte aux lettres du camp fait des heures supplémentaires le soir du courrier, mais même le sac postal doit attendre les derniers baisers et les messages pleins d’amour, ainsi que le post-scriptum à la mère, sans oublier les cigarettes.

[Musique entraînante]

Les tartes de Cookee n’attendent pas non plus.

Et les garçons s’en sortent plutôt bien, même si la cuisine de la patrie leur manque.